Arti­­cle extrait de La Mon­­ta­­gne / Le Jour­­nal du Cen­­tre, par Farid Sbay

Les tup­­per­­ware© ont laissé place à d'autres objets en plas­­ti­­que mais, eux, un brin plus... polis­­sons. Del­­phine Gau­­thier anime depuis cet été des réu­­nions coqui­­nes dans le Bour­­bon­­nais et le Niver­­nais.

Le jour, Del­­phine Gau­­thier exerce le métier de secré­­taire médi­­cale à Nevers. Le soir, elle pose la blouse pour empoi­­gner sa mal­­lette de ven­­deuse à domi­­cile indé­­pen­­dante (VDI), pour une mar­­que de pro­­duits sexy.

delphine, ambassadrice de reunions sextoys à nevers« J'avais besoin de m'aérer l'esprit. Côtoyer des per­­son­­nes attein­­tes de mala­­dies gra­­ves tous les jours, c'est dur psy­­cho­­lo­­gi­­que­­ment. J'ai vu une émis­­sion sur la TNT qui m'a donné envie de me lan­­cer dans cette acti­­vité. J'ai pris con­­tact avec une ambas­­sa­­drice de la mar­­que, et je l'ai sui­­vie lors d'une réu­­nion sex­toys. J'ai tout de suite été séduite. De plus le sta­­tut de VDI me per­­met de gar­­der mon tra­­vail et d'être ambas­­sa­­drice à côté. C'est une vraie bouf­­fée d'oxy­­gène pour moi ! Et quand on peut allier l'utile à l'agréa­­ble, pour­­quoi s'en pri­­ver ? »

Dif­­fi­­cile, au pre­­mier abord, de s'ima­­gi­­ner cette jeune femme timide, pré­­sen­­ter des pro­­duits sexy et gla­­mours devant un par­­terre de clien­­tes, lors d'une réu­­nion à domi­­cile : « Pour m'entraî­­ner et me met­­tre plus à l'aise, j'ai fait mes pre­­miè­­res réu­­nions avec des amis ».

C'est lors d'une soi­­rée sex­toys orga­­ni­­sée à Mou­­lins, que nous l'avons sui­­vie. Del­­phine a ren­­dez-vous au domi­­cile de l'orga­­ni­­sa­­trice, Inès, une heure avant l'arri­­vée des par­­ti­­ci­­pan­­tes. Le temps de débal­­ler et d'ins­­tal­­ler tous ses pro­­duits dans le salon. Les cinq amies d'Inès arri­­vent, la Niver­­naise se pré­­sente au groupe, ainsi que sa gamme de pro­­duits :

« Ce sont des arti­­cles sen­­suels et sexy, avec des ambas­­sa­­dri­­ces un peu par­­tout, beau­­coup dans le nord ». Direc­­te­­ment, Inès ren­­ché­­rit : « Nor­­mal, il fait froid là-haut ! »

L'ambiance est déten­­due, les clien­­tes ont l'air d'avoir le sens de l'humour.

«L'amour n'est-il pas une gour­man­dise ?»

L'ambas­­sa­­drice com­­mence par pré­­sen­­ter des pro­­duits comes­­ti­­bles. Bou­­gie sen­­suelle fraise coquine, huile de mas­­sage à la can­­nelle, etc. Les clien­­tes com­­men­­tent, tes­­tent, sen­­tent et goû­­tent les pro­­duits qu'elles ont éta­­lés sur leurs mains et bras. Par­­fois, ça passe mal : « J'aime pas, ça sent l'hôpi­­tal ! » D'autres fois, elles se réga­­lent : « Goûte celle-là, tu peux la man­­ger... »

Del­­phine fait place aux dif­­fé­­rents lubri­­fiants et gels chauf­­fants, dont un pré­­nommé "désir brû­­lant". Ce qui fait direc­­te­­ment réa­­gir Carla, une cliente : « On monte en puis­­sance ! »

Et à force de s'enduire les avant-bras de pro­duits, « quand tu vas par­tir d'ici, le volant va te glis­ser des mains ! »

Del­phine, voyant que ses clien­tes ado­rent les arti­cles comes­ti­bles, en sort d'autres cacao­tés : « Celle-ci vous pou­vez les lécher ! Il y a beau­coup de pro­duits qui se man­gent. L'amour n'est-il pas une gour­man­dise ? ». Ce qui ne déplaît pas à Carla : « C'est du vrai cho­co­lat, on peut faire des petits des­sins sur son chéri ! »

Après une entrée en matière gus­ta­tive, Del­phine fait place au plat prin­ci­pal : lin­ge­rie et acces­soi­res, dont les sex toys. La Niver­naise pré­sente alors un modèle fémi­nin avec télé­com­mande sans fil : « Avec ce jouet, votre homme peut com­man­der votre plai­sir à dis­tance ». Carla suren­ché­rit : « Comme ça, notre homme est tran­quille devant le foot, la télé­com­mande de la TV dans une main et celle du jouet dans l'autre, il peut zap­per de temps en temps ! »

Del­phine ter­mine sa pré­sen­ta­tion par Peter, un sculp­tu­ral vibro­mas­seur. « J'ai jamais vu un truc pareil ! », lâche Syl­vie. « Je vais peut-être fer­mer les volets », ajoute Inès.

Pour rafraî­chir les invi­tées, la réu­nion se ter­mine autour d'un apé­ri­tif dîna­toire. Del­phine reçoit cha­que par­ti­ci­pante dans la cui­sine pour pas­ser la com­mande : « J'aime ce bou­lot, car je peux tra­vailler dans la bonne humeur, avec des clien­tes qui pour­raient être des copi­nes ».

Elle espère quit­ter défi­ni­ti­ve­ment sa blouse, pour deve­nir ambas­sa­drice à plein-temps comme seu­le­ment 20 % des ven­deu­ses de pro­duits coquins.

Con­tact : delph.secre­tear­let­te@g­mail.com